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Zéro Déchet Touraine

17/01/2024 - La Nouvelle République: "Indre-et-Loire : biodéchets et compost, comment ça marche ?"

Compostez, mais compostez bien, en suivant les conseils de Sébastien Moreau, administrateur et « maître composteur » bénévole de l’association Zéro déchet Touraine, qui gère une cinquantaine de sites de compostage dans la métropole de Tours. © (Photo NR, Julien Pruvost)

Depuis, le 1er janvier 2024, les biodéchets ne doivent plus être jetés dans la poubelle d’ordures ménagères, mais dans le bac à compost. Encore faut-il savoir ce qui se composte ou pas.

Retrouvez cet article dans son intégralité sur le site de La Nouvelle République.

Depuis le 1er janvier 2024, nous sommes tous censés trier nos déchets organiques à la source. Une obligation à laquelle chacun doit se familiariser, mais faut-il encore disposer d’un composteur, qu’il soit individuel ou collectif, pour y déposer ses biodéchets.

Les biodéchets, c’est quoi ? Tout ce qui est entièrement biodégradable, c’est-à-dire totalement putrescible : les restes de repas, dont les épluchures de légumes ou de fruits, les déchets carnés, le marc de café (mais pas les capsules !), les sachets de thé (sans la ficelle), les coquilles d’œufs, les restes de produits laitiers, les fleurs fanées, les feuilles sèches, les brindilles, le papier et le carton non traité…

La Métropole de Tours tente de rattraper son retard

La loi n’oblige pas les citoyens à composter et ne prévoit pas de sanctions pour les contrevenants. En revanche, elle contraint les collectivités territoriales à tout mettre en œuvre pour fournir des solutions aux habitants. Et à bien les informer sur ce qu’il convient de faire et de ne pas faire avec un bac à compost.

« Une dynamique est enclenchée sur la métropole de Tours depuis quelques années, mais nous avons perdu beaucoup de temps et d’énergie à faire appliquer la loi à l’échelon local. D’autres métropoles comparables sont bien plus en avance que nous », observe Sébastien Moreau, administrateur bénévole de l'association Zéro Déchet (ZDT).

Une association née en 2017, qui rassemble aujourd’hui plus de 900 adhérents et sympathisants et gère une centaine de composteurs partagés dans le département. « Les élus de la Métropole n’ont pas tous pris conscience de ce qu’implique la loi, mais il n’est jamais trop tard pour bien faire », souligne Sébastien Moreau.

Le risque de l’émission de gaz à effet de serre

Et si près de 25.000 composteurs domestiques ont déjà été distribués sur le territoire de la Métropole, pour le représentant de ZDT, « ça va dans le bon sens, mais ça ne représente qu’un foyer sur cinq disposant d’un jardin. Par ailleurs, il n’y a pas de suivi sur ce que deviennent ces composteurs et nous regrettons un déficit massif dans la formation des citoyens aux bons gestes de compostage. »

Car une mauvaise utilisation du bac à compost peut s’avérer contreproductive selon Sébastien Moreau : « Un composteur mal géré devient un émetteur de carbone sous la forme de méthane, qui est un puissant gaz à effet de serre. »

Quels conseils pour produire un vrai compost ?

« D’abord, il faut équilibrer les apports avec de la matière sèche et carbonée, un bac à compost n’est pas une poubelle à déchets de cuisine, sinon ça devient un pourrissoir et vous allez attirer les mauvaises odeurs, les mouches, voire des rongeurs,répond le spécialiste. Il faut créer des poches d’air pour éviter que ça fermente, en brassant régulièrement le compost sur une profondeur de 20 cm et en y mettant du broyat, des petites branches broyées, ou à la rigueur, du carton en petits morceaux, des boîtes à pizza ou à œufs, des rouleaux d’essuie-tout, un peu de feuilles mortes. Mais pas de paille, ni de foin, trop riches en azote et encore moins de tontes de gazon, qui sont le meilleur moyen pour faire dysfonctionner un composteur. Le gazon bien séché doit être utilisé comme paillis dans le jardin au pied des arbustes, des haies et des rosiers. »

Pascal Landré


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